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Autonomie et Solidarité - Psaume 23 / Jean 10,14-18

Autonomie et Solidarité - Psaume 23 / Jean 10,14-18

Prédication du pasteur Marc Rossier

Prononcée à l’occasion du culte du rappel de la promesse des scouts qui sont devenus des Chevaliers du Vieux-Mazel

A Vevey (Saint-Martin), le 21 novembre 2015

 

Scouts : Autonome et Solidaire

 (Psaume 23 / Jean 10,14-18)

 

Notre promesse de chevalier, c’est aussi une promesse de rayonner des valeurs scoutes dans notre lieu de vie, toute notre vie. J’aimerais vous parler de deux de ces valeurs, qui me semblent fondamentales pour entrer l’avenir de notre monde contemporain. Un monde très sérieusement menacé et nous en prenons la mesure ces semaines en particuliers, avec la conférence de Paris sur le climat, les défis migratoires et la confrontation au terrorisme.

 

Je travaille maintenant depuis 3 ans à plein temps dans les gymnases et écoles professionnelles. Là, j’essaie de comprendre quel sont les défis de ces jeunes gars et de ces jeunes filles. J’essaie de discerner quelles sont les valeurs essentielles qui leur permettront de se lancer avec optimisme et conviction dans cet avenir. Dans notre langage à nous : comment sourire et siffler dans toutes ces difficultés.

 

Vous, quels défi d’avenir voulez-vous relevez. De quoi aurez-vous besoin pour réussir ? Si je pose la question aux apprentis et gymnasiens, en général, ils n’osent pas regarder très loin. Ils me répondent souvent – le nez dans le guidon : réussir mon prochain test, réussir mes examens, … l’avenir est un tel défi, qu’il paralyse et rétrécit le regard au lieu de mobiliser et de se projeter en avant. Comment passer de la paralysie à mobilisation ?

 

Pour le savoir, il faut comprendre où en est notre monde dans sa progression. Où en est cette société qui m’a façonné, voire formaté depuis mon berceau et qui me conduit aujourd’hui de l’école à l’EMS, où en est cette société qui me guide et me donne ma place ?

 

Alors, en bon éclaireur, je sors la carte du sac, et j’essaie de me situer sur le chemin que prend cette société.

 

Or, qu’est-ce que je vois ? Je vois que nous sommes tout proche du sommet. Nous vivons actuellement un temps extraordinaire. C’est un sommet. Et comme éclaireur, je sais ce que c’est qu’un sommet. Je sais les efforts qui ont été nécessaire pour arriver jusque-là.

 

Habituée à grimper, à progresser, à grandir, à croitre, ma société a fait de nombreuses conquêtes ces 80 dernières années. Conquête de l’infiniment petit, conquête de l’espace, conquêtes chimiques, physiques, énergétiques, conquêtes médicales. Partout et à chaque instant, des limites sont repoussées,… oui : ma société atteint des sommets.

 

Sur la carte, je prends conscience du parcours de cette ascension. De cette croissance. Si j’ai 15 ans aujourd’hui, je peux dire que mes arrière-grands-parents sont nés au pied de la montagne, oui. mais moi, je suis né tout près du sommet.

 

D’un côté de l’église, certain sont nés au pied de la montagne. A l’autre extrémité des travées, vous êtes nés tout près du sommet. Et c’est pas la même chose.

 

Et de là-haut, je vois loin. Je vois l’avenir. Je vois ce qui m’attend.

 

En arrivant au sommet, je m’aperçois aussi que le sommet est beaucoup plus étroit que le pied de la montagne. Il y a moins de place et nous ne pourrons pas tous nous y tenir, nous ne pourrons pas tous vivre à ce niveau.

 

Si j’ai 15 ans aujourd’hui, je peux dire que mes arrière-grands-parents sont nés au pied de la montagne. Ils ont trimé, défié, inventé, grimpé. Mais moi, je suis né tout près du sommet. Et quand on est arrivé au sommet, l’avenir c’est quoi ?... l’avenir, c’est de redescendre. C’est élémentaire à comprendre, mais c’est pas forcément élémentaire à vivre.

 

Monter et descendre, voilà deux exercices bien différents. C’est deux états d’esprit très différents. Ça ne demande pas les mêmes dons, pas les mêmes efforts, pas les mêmes courages.

 

Personne ne nous a appris à redescendre en souriant et sifflant. Tellement habitué à monter, tellement habitué à la croissance, les plus formatés vont-ils tenter à grand frais de monter des pierres et de la glace par-dessus le sommet pour que ça continue de monter ?

 

Mais nous sommes arrivé au sommet. Quand on ne peut plus aller plus haut, que faire ? il nous reste le rêve disent certains : la conquête d’autres planètes. Jamais on n’a assisté à la production si intense de films qui nourrissent l’imaginaire d’un plus loin, d’une terre promise, d’un nouveau monde. Face à la descente, certains préfèrent rêver, quitte à se perdre dans des mondes virtuel ou recourir à des susbstance psychotropes. Mais ce n’est pas là le propre de l’éclaireur et la vérité, c’est que Christophe Colomb a fait la dernière grande découverte habitable.

 

Nous ne vivrons jamais sur la lune et encore moins sur mars.

 

Ma société a atteint ou dépassé certains sommets : Certains l’appellent le pic Oil. D’autres le pic démographique, le pic des matières premières, le pic de la biodiversité, le pic des ressources alimentaires.

 

Alors certains, une petite minorité va se battre pour occuper le plus longtemps ce sommet, en en barricadant l’accès aux migrants des pays émergeant qui réclament leur droit d’aller eux-aussi jusqu’en haut.

 

Et ici en Suisse, et notamment sur la côte où je travaille, je sens bien la pression que les parents mettent sur leurs enfants : de ta formation dépendra ta place d’un côté ou de l’autre de ces barricades. Tu obtiendra le plus longtemps possible ta place au sommet ou tu seras repoussé contre en bas par ceux qui t’auront dépassé.

 

Je travaille maintenant depuis 3 ans à plein temps auprès des gymnasiens et des apprentis. Là, j’essaie de comprendre quel sont les défis et les besoins de ces jeunes gars et de ces jeunes filles.

 

C’est ça le travail d’éclaireur. Partir en avant pour voir ce qui nous attend. Vous savez, Scout (scouting) en anglais signifie la reconnaissance. Et c’est ça notre mission. Partir en reconnaissance dans le double sens de ce mot. D’une part pour voir ce qui nous attend, mais aussi apprendre à reconnaître la valeur de ce qui m’entoure. Dire Merci.

 

Reconnaître la valeur de ce que je suis, reconnaître la valeur de celui ou celle qui se tient devant moi.

 

Et dans mon travail d’éclaireur et de reconnaissance, je découvre deux ingrédients fondamentaux qui feront l’avenir des vivants. Deux trésors qui accompagneront la redescente du sommet. Deux trésors qui distingueront les vrais riches des vrais pauvres.
Ceux qui s’en sortiront et ceux qui mourront :

 

Ces deux ingrédients sont la tablette Samsung S210 et les baskets Nike U510…. Ah non, pardon : je me trompe de ligne ça c’est les ingrédients de ceux qui resteront au sommet.

 

Donc où en étais-je : les deux ingrédients : la chemise Kaki et les chaussettes à pompon jaune-bleus, euh non ça c’est pour les nostalgiques qui redescendront à reculons, le regard toujours fièrement orienté vers le sommet.

 

Ah, voilà ces deux vrais ingrédients qui transpirent de notre loi et de notre promesse : A priori, ils ont l’air contradictoires, mais la présence des deux qui en fera la force : L’autonomie et la solidarité.

 

Premièrement : l’autonomie. L’autonomie signifie littéralement se donner ses propres règles, se nommer soi-même. Etre autonome, c’est savoir qui je suis pour exister même si tout meurt autour de moi. Etre autonome, c’est savoir me débrouiller, allumer un feu de bois mouillé dans une forêt d’obscurité nocturne. Etre autonome c’est comprendre le bienfondé des règles de vie que j’accepte et que je m’impose. Les règles nécessaires à ma survie et à la survie de mon environnement. Or être autonome, ce n’est pas être indépendant. Etre autonome dans ce monde requiert de recevoir une force. Une force de nos racines. Une force d’en-haut. Une force d’amour qui garantit ma place dans l’histoire, même quand cette histoire c’est de quitter un sommet.

 

Et secondement : la solidarité. Etre solidaire pour reconnaître les besoins de l’autre et mes besoins à moi. Etre solidaire pour reconnaître les limites de l’autre et mes limites à moi. Avoir cet esprit de reconnaissance de la valeur de l’autre et de ma valeur, pour qu’ensemble nous vivions, nous marchions, quand bien même tout s’écroulerait autour de nous. Mais là aussi : être solidaire commande de recevoir un amour à partager qui vient de plus loin que moi. Un amour qui vient de mon identité profonde, de mes racines, qui vient d’en-haut.

 

Etre autonome et solidaire dans ce monde, ça commande peut-être de reconnaître que j’ai besoin d’un guide qui m’aime, d’un bon Berger.

 

Autonomie et solidarité. Je ne connais pas d’exemple plus fondamental de ces deux trésors d’attitude que l’exemple de Jésus marchant librement au-devant de sa croix. Donnant librement sa vie pour l’amour de ceux dont il a reçu la responsabilité. Au dernier soir, autour de cette table, quand il offrait avec confiance son corps et son sang pour entrer dans un lien éternel d’amour.

 

Notre promesse de chevalier, c’est aussi une promesse de rayonner des valeurs scoutes dans notre lieu de vie, toute notre vie.
Y a-t-il cette expérience d’autonomie et de solidarité dans votre parcours de vie ? Alors partagez-la parce que les jeunes d’aujourd’hui en ont méchamment besoin. Soyez pour eux des modèles, des AS, des Autonomes Solidaires.

 

Alors ce ne sera pas exclus que dans cette redescente du sommet se révèle une nouvelle conquête, un sommet d’un autre ordre, peut-être trop négligé durant les diverses ascensions des ces 80 dernières années : la conquête spirituelle et le sommet de la rencontre avec celui qui est le bon guide, le bon Berger. Celui qui a dit je serai là à ton départ et à ton arrivée, je suis le début et la fin, l’Alpha et l’Omega, la montée et la descente.

 

Amen!